samedi, 11 juin 2005
AUX ÉTATS-UNIS DE PLUS EN PLUS D'ENFANTS ONT FAIM!
La faim gagne du terrain aux Etats-Unis, où de plus en plus d’enfants sont confrontés à une grave malnutrition qui affecte leur développement intellectuel et les condamne davantage aux maladies, dans un pays où deux tiers de la population est obèse ou en surpoids. Le nombre de foyers ne mangeant pas assez a recommencé à augmenter depuis 2000, pour représenter 11,2% des familles en 2003 contre 10,1% en 1999, selon les chiffres officiels les plus récents, diffusés mardi par des associations lors de la "Journée nationale de prise de conscience de l’existence de la faim" aux Etats-Unis.
Aux Etats-Unis, de plus en plus d’enfants ont faim
jeudi 9 juin 2005
AFP 09.06.05 | La faim gagne du terrain aux Etats-Unis, où de plus en plus d’enfants sont confrontés à une grave malnutrition qui affecte leur développement intellectuel et les condamne davantage aux maladies, dans un pays où deux tiers de la population est obèse ou en surpoids.
Le nombre de foyers ne mangeant pas assez a recommencé à augmenter depuis 2000, pour représenter 11,2% des familles en 2003 contre 10,1% en 1999, selon les chiffres officiels les plus récents, diffusés mardi par des associations lors de la "Journée nationale de prise de conscience de l’existence de la faim" aux Etats-Unis.
Cette situation ne devrait que s’aggraver après l’adoption du budget 2006, s’inquiètent certains pédiatres. Proposé par le président George W. Bush, il prévoit des coupes dans plusieurs programmes d’aide sociale, alors qu’il maintient les réductions d’impôts pour les classes favorisées, font-ils valoir. Ainsi dans la ville ouvrière de Baltimore (Maryland, est), le docteur Maureen Black, pédiatre, voit défiler des bébés chétifs dans la clinique spécialisée en malnutrition infantile qu’elle dirige dans un quartier défavorisé. "Au cours de la première année d’existence, les enfants triplent leur poids de naissance et si les enfants ne mangent pas suffisamment à ce très jeune âge, leur poids puis leur taille en souffrent", entraînant de graves conséquences sur leur croissance et leur système immunitaire, explique-t-elle à l’AFP.
Ils pourraient également éprouver des "difficultés scolaires et de comportement", ajoute Mme Black. Même cri d’alarme lancé par le docteur Deborah Frank, professeur en pédiatrie, spécialisée dans les problèmes de croissance et de nutrition, à l’école de médecine de l’université de Boston (Massachusetts, nord-est). "Nous voyons de plus en plus de bébés de moins d’un an, ce qui nous inquiète grandement, car ils sont plus susceptibles de mourir de malnutrition et parce que leurs cerveaux se développent très rapidement", dit Mme Franck, interviewée par téléphone. "La taille du cerveau d’un bébé est multipliée par deux et demi au cours de la première année de vie et si le bébé ne reçoit pas les nutriments nécessaires à la croissance de son cerveau, l’enfant peut éprouver des difficultés dans son comportement et dans l’apprentissage tout au long de sa vie", explique Mme Franck, également directrice d’une clinique spécialisée. Il n’existe pas aux Etats-Unis de "centres de protection maternelle et infantile comme en France. Les enfants de moins de trois ou quatre ans sont plutôt invisibles", déplore-t-elle, "quand ils arrivent dans ma clinique, ils sont déjà en sous-poids". Mme Franck se dit "très inquiète" de voir le nombre d’enfants "si malades qu’ils sont directement hospitalisés avant de passer à la clinique", une situation qu’elle avait réussi à inverser en 20 ans de pratique médicale.
Alors qu’on peut rencontrer aux Etats-Unis des enfants tragiquement maigres, comme en Afrique, les programmes d’aides aux plus défavorisés permettaient de circonscrire le problème, disent les deux médecins. Paradoxalement, les ravages de la malnutrition ne sont pas toujours dus à un manque de nourriture "mais à la qualité des aliments", expliquent-elles. "Les enfants peuvent se mettre au lit le ventre plein... mais de frites et de sodas", dit Mme Franck.
De fait, acheter des produits de qualité coûte cher et, dans certains quartiers, il est impossible de trouver des légumes verts et des fruits, même en conserve. "Ce qui arrive aux Etats-Unis, et qui peut paraître étonnant, c’est que certains conseils que nous donnons aux familles pour lutter contre la malnutrition sont les mêmes que ceux que nous donnons pour éviter le surpoids : pas de +junk food+ (malbouffe)", dit Mme Black, qui suit notamment le cas d’une famille où l’un des enfants est obèse et l’autre souffre de dénutrition.
09:05 Publié dans FAITS ET MÉFAITS DU LIBÉRALISME | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Non à la Constitution


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