lundi, 22 mai 2006

Dialoguer plutôt que diaboliser l'islam politique

Caroline Fourest, Corinne Lepage et Pierre Cassen lancent un appel «contre un nouvel obscurantisme» (Libération du 28 avril); ils s'élèvent contre le racisme et appellent à lutter contre l'islam politique réactionnaire. Ne boudons pas notre plaisir de voir ces trois personnalités reprendre à leur compte l'analyse sociale des causes du racisme et le rejet des amalgames entre musulmans et terrorisme ou Islam et intégrisme. Cela change des discours que l'on peut lire dans Respublica s'en prenant aux musulmans qui «réquisitionnent les rues voisines [de Barbès] pour se prosterner en direction de la Mecque», et «à l'attitude irresponsable de la police face à cette réquisition de l'espace public ainsi qu'au regard des troubles provoqués pour la circulation automobile». Sans compter les diatribes contre le «juif converti Lustiger» attendues par des religieuses qui «toutes arborent des hijabs aux couleurs ternes», ou l'intolérance à l'encontre des lieux de culte lorsque, du fait de l'implantation d'une mosquée, «l'école aura à subir une servitude de vue qui est susceptible d'enfreindre la liberté pédagogique». Ou encore l'appel à exiler des citoyens français parce qu'ils sont membres de l'Union des organisations islamiques de France!

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mercredi, 17 mai 2006

Forum social européen d’Athènes : un moment charnière pour le mouvement altermondialiste en Europe

Pierre Khalfa

Le 4ème Forum social européen (FSE) a été un succès avec près de 30 000 participants et une manifestation importante de 80 000 personnes.

Des points positifs



Ce FSE a donné une place importante aux différents réseaux européens - éducation, santé, OMC/AGCS, antiguerre, Palestine, Amérique latine, No Vox etc. -, qui ont pu ainsi organiser leurs campagnes pour l’année à venir. A noter la création d’un réseau services publics qui a adopté une déclaration spécifique et un échéancier de réunions de travail et d’initiatives. Plus que jamais donc, le FSE apparaît comme le lieu de rencontre et de convergence des différents mouvements sociaux.

Centré sur les séminaires auto-organisés par les mouvements, ce FSE a accordé plus d’attention aux problèmes économiques et sociaux ainsi qu’aux questions européennes. Le rejet du Traité constitutionnel européen, la lutte contre le CPE en France, la question de la précarité en Europe, les politiques économiques et sociales alternatives, les services publics et les mobilisations sociales dans de nombreux pays européens ont été fortement présents dans les débats.

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dimanche, 04 septembre 2005

DÉCALAGES

Sur le gril, ou sur le doux satin de la complaisance ­ c’est selon ­, les leaders de la gauche se succédaient ces jours-ci à la télé et à la radio. Exercice obligé de rentrée après les désormais traditionnelles universités d’été. Dimanche soir, il fallait même zapper pour juger des mérites comparés et simultanés de François Hollande (c’était sur la Une) et Dominique Strauss-Kahn (sur la Deux). Lundi matin, c’était Besancenot sur Inter. Mardi, Fabius. Quant à Noël Mamère et autres Verts, ils avaient fait des apparitions ici ou là. Hélas, il faut bien le dire, le sentiment que l’on retire généralement de ces séquences médiatiques est négatif. C’est l’impression d’un abyssal décalage entre ces discours et les périls qui guettent le monde. Mais est-ce seulement la faute des politiques ?

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mardi, 30 août 2005

LA GAUCHE A BESOIN D'UN ÉLAN DURABLE

Rentrée. Le Parti socialiste et les Verts ont tenu des universités d’été qui ont privilégié les ambitions présidentielles et les petites phrases. La gauche peut-elle répondre aux aspirations de ses électeurs ?

Entretien avec Marie-George Buffet.

29 août 2005.

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mercredi, 24 août 2005

QUI DOIT PAYER POUR LE DÉVELOPPEMENT DES PAYS PAUVRES? NOUS,VOUS OU EUX

Forum international sur les nouvelles sources de financement du développement,
Organisé par le Ministère pour la Coopération Economique et le Développement (Allemagne)
Francfort, 24 août 2005

Exposé de Jacques Nikonoff
Président d’Attac-France,

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dimanche, 07 août 2005

SOUS LA CRISE....L'ESPOIR!

Il est de bon ton, deux mois après les référendums français et néerlandais, d’attribuer la responsabilité de la crise de l’Union européenne aux « non » victorieux dans les deux pays. Cette crise, patente lors du sommet, à la mi-juin, des chefs d’État et de gouvernement, s’avère pourtant bien antérieure au rejet du projet de Constitution. Au fil des traités depuis l’Acte unique et Maastricht, en 1986 et 1992, l’Union européenne sera devenue le relais du projet néolibéral qui s’impose au globe depuis une vingtaine d’années. Suprématie accordée au marché, pouvoir sans partage dévolu à une Banque centrale indépendante, Pacte de stabilité condamnant les économies à une austérité perpétuelle : pour répondre aux exigences d’un nouveau mode d’accumulation du capital, tout aura été mis en œuvre pour liquider les protections sociales héritées des luttes de l’après-guerre.


Rouge été 2OO5 Numéro spécial

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lundi, 04 juillet 2005

Plutôt que les PME, c'est l'emploi qualifié qu'il faut développer.


Le «plan pour l'emploi», proposé par le gouvernement, est à la fois décevant et révoltant. Les plus complaisants ont tendance à penser qu'il fera pschitt. Ce sera pire encore. Resservir les éternelles mêmes recettes, concoctées avec les mêmes ingrédients qui fermentent depuis des années dans les arrière-cuisines patronales, ne peut que provoquer l'irritation, puis la colère. Invoquer l'urgence pour imposer ce nouveau «plat du jour», en piétinant la négociation sociale et le débat parlementaire, est une insulte à la raison, venant de ceux qui sont «aux manettes» depuis plus de trois ans.....

Bernard Thibault Secrétaire Général de la CGT.

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jeudi, 30 juin 2005

MAIS UN ENFANT EST MORT, LÀ -BAS QUELQUE PART!

Il aura fallu attendre la mort d'un petit garçon de 11 ans, pour que des responsables politiques et les médias s'intéressent à la réalité d'une cité urbaine comme celle des 4000 à La Courneuve.

Comme toujours, c'est quand ils ont peur d'être submergés, dépassés, que pouvoirs publics et médias s'intéressent et se saisissent du" phénomène", alors que pourtant, des gens, là-bas, vivent et subissent depuis trop d'années; cela a été le cas au moment où la question sur la laïcité s'est posée de manière forte en septembre 2003 : hommes politiques et médias découvrirent alors la réalité de la France d'aujourd'hui, dans ses affirmations communautaires, intégristes, excluantes.

Aujourd'hui, un enfant est mort dans cette fameuse cité des 4000 dont tout le monde parle ou a entendu parler, mais où personne ne va, ou ne va plus.......

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mardi, 28 juin 2005

Crise des politiques économiques, déficit de projet et perte de confiance.

Le conseil européen des 16 et 17 juin constitue un tournant historique dans l'histoire de la construction européenne. Comme l'a souligné Jean-Claude Juncker, «il y a eu un affrontement sur deux conceptions de l'Europe : ceux qui veulent le grand marché et rien d'autre... et ceux qui veulent une Europe politique intégrée». Il ajoute : «Je pressentais depuis toujours que ce débat éclaterait un jour.» Oui, ce débat devait éclater... du moins au niveau des élites dirigeantes, parce qu'il avait déjà explosé dans les référendums français et hollandais. A l'occasion de ces consultations, les électeurs, au milieu de toutes les bonnes et les mauvaises raisons qui ont pu les conduire à rejeter le traité constitutionnel, placent au centre de leurs préoccupations l'emploi, le social, la maîtrise de la concurrence entre les modèles sociaux et le contrôle des flux migratoires (la Slovaquie vient de décider de payer ses chômeurs pour s'expatrier en Europe !) Autrement dit, un modèle de société qui ne peut être instauré que par un système institutionnel qui corresponde aux intérêts bien compris des nations européennes les plus intégrées.

Par Sami NAïR

Professeur de Sciences Politiques à l'Université Paris-VIII.
mardi 28 juin 2005

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REMETTRE L'EURO À SA PLACE

Le 29 mai 2005, le peuple français a rejeté l'idée qui s'était imposée depuis vingt-deux ans que tous nos choix de société résultaient d'une contrainte extérieure vécue comme une sorte de fatalité.

Évidemment le peuple français n'a pas dit «A bas le monde extérieur !»comme l'a suggéré avec une ironie facile Pascal Bruckner, mais simplement «l'Europe doit être construite avec ses peuples et non pas sans eux».Le rejet de la Constitution marque l'échec d'une méthode qui, au nom d'un souverain bien européen connu d'une seule minorité éclairée, permettait de placer les peuples devant des faits successivement accomplis : union économique, union monétaire, union politique, etc. Bref, c'est la revanche de la méthode républicaine qui met le débat en amont de la décision sur la méthode de l'acquiescement, dite encore du «consensus».

C'est le grand vent de la liberté qui s'est remis à souffler : le peuple français, à ses risques et périls, entend à nouveau façonner son destin. Bien entendu, le non français n'est pas dirigé contre l'Europe et plus précisément contre l'idée que les peuples européens ont à organiser ensemble leur destin mais il met en cause une mondialisation subie.......


PAR JEAN-PIERRE CHEVÈNEMENT
Maire de Belfort, ancien ministre, président d'honneur du Mouvement républicain et citoyen.
Dernier ouvrage : Pour l'Europe, votez non!(Fayard).


[28 juin 2005]


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